Vu depuis la côte est de Curaçao, ce n'est qu'un trait pâle sur l'horizon. De près, Klein Curaçao (littéralement « petit Curaçao ») est un îlot corallien de 1,7 km², plat, presque sans végétation, posé à une dizaine de kilomètres au sud-est de l'île principale. Personne n'y vit. On y vient pour une seule raison : passer une journée entière sur une île réellement déserte, avec une plage de sable blanc qui semble sans fin et une eau si claire qu'on distingue l'ancre du bateau depuis le pont.
La traversée, première aventure de la journée
Aucun ferry régulier ne dessert l'île : Klein Curaçao ne se rejoint qu'en excursion organisée à la journée. Les bateaux partent tôt le matin et mettent environ une heure quarante-cinq à deux heures, cap plein sud-est, en haute mer. L'aller se fait contre la houle et peut secouer : si vous êtes sujet au mal de mer, prenez vos précautions avant d'embarquer et gardez les yeux sur l'horizon plutôt que sur votre téléphone. Le retour, porté par les alizés, est en général nettement plus confortable. Réservez plusieurs jours à l'avance : les départs affichent vite complet, surtout en haute saison.
Le phare rose et les épaves
Deux silhouettes structurent ce paysage nu. Au centre de l'île se dresse le phare, construit en 1850 puis reconstruit après l'ouragan de 1877 : une tour d'une vingtaine de mètres dont la peinture rose corail, délavée par le sel, a fait la célébrité photographique de l'île. Les logements des gardiens, abandonnés depuis des décennies, s'explorent librement, à une dizaine de minutes à pied de la plage. Côté au vent, la coque rouillée du pétrolier Maria Bianca Guidesman se disloque sur le récif sous les assauts des vagues depuis la fin des années 1980, non loin d'un voilier échoué plus discret. On observe les épaves depuis le rivage : cette côte exposée ne se prête pas à la baignade.
Tortues, sable blanc et snorkeling
La côte sous le vent, où mouillent les bateaux, offre l'exact contraire : une longue plage de sable blanc et une eau turquoise, calme et limpide. C'est ici que l'on nage avec masque et tuba au milieu des poissons, avec de bonnes chances de croiser une tortue marine ; l'île sert d'ailleurs de site de ponte aux tortues vertes, imbriquées et caouannes. Si la rencontre vous plaît, les tortues s'observent aussi depuis la côte principale, à Playa Piskado.
Une île sans rien : préparez tout
Klein Curaçao n'a ni boutique, ni restaurant, ni eau courante, ni ombre naturelle digne de ce nom. Tout ce dont vous aurez besoin arrive par bateau : les opérateurs qui organisent la journée, comme Mermaid ou BlueFinn, installent des palapas et servent petit-déjeuner et déjeuner à bord ou sur l'île. Les détails pratiques et les liens de réservation figurent sur notre fiche Klein Curaçao. Trois indispensables dans le sac :
- une protection solaire sérieuse : crème respectueuse des coraux, chapeau et lycra, car l'ombre se limite aux abris des opérateurs ;
- de l'eau en plus de ce que fournit le bateau ;
- de quoi gérer le mal de mer si vous y êtes sensible.
Une journée à Klein Curaçao se glisse très bien dans une semaine sur l'île, en gardant les plages de l'île principale pour les jours suivants. Le plus difficile, au moment de remonter à bord, sera de quitter ce silence que rien ne vient troubler, sinon le vent et les vagues.
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