Face à la baie de Sainte-Anne, la rangée de façades du Handelskade est probablement l'image la plus photographiée des Caraïbes néerlandaises. Mais Willemstad ne s'est pas toujours affichée en technicolor.
La légende du gouverneur migraineux
Au début du XIXe siècle, les maisons de la ville étaient blanchies à la chaux, comme dans bien des colonies. C'est alors que le gouverneur général Albert Kikkert aurait interdit les façades blanches : la réverbération du soleil sur le blanc lui donnait, disait-il, des migraines. La petite histoire ajoute, c'est la partie la plus savoureuse de la légende, que l'intéressé aurait eu des parts dans un commerce de peinture. Vraie ou embellie, l'anecdote est devenue l'explication officielle des couleurs de la ville, et personne à Curaçao ne songerait à la démentir.
Un patrimoine classé
Ce qui est certain : le centre historique de Willemstad, avec son port intérieur, est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997. L'architecture y mélange les codes hollandais, pignons à redents, proportions de canal houses, avec les adaptations tropicales : galeries ombragées, teintes vives, toits pensés pour la chaleur.
Quatre quartiers, quatre ambiances
Punda, le noyau d'origine fondé au XVIIe siècle, concentre les façades célèbres du Handelskade et les rues commerçantes. En face, de l'autre côté du pont flottant Reine Emma, Otrobanda cultive un esprit plus populaire et créatif, entre ruelles, street art et escaliers colorés. Pietermaai, longtemps délaissé, est devenu le quartier des façades pastel restaurées, des cafés et des hôtels de charme. Scharloo, enfin, aligne les anciennes demeures de marchands et une belle collection de fresques murales.
Le meilleur moment pour en profiter ? La fin d'après-midi, quand le soleil rasant intensifie les couleurs du Handelskade, ou le jeudi soir, quand Punda Vibes met le quartier en musique.
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